Quelques-uns le demeurent

Création 2018

 Inspiré par la citation de Beckett « Nous naissons tous fous, quelques-uns le demeurent »

« Quelques-uns le demeurent » est la première pièce chorégraphique d’Alexandre Fandard.

Dans cette création, le chorégraphe explore une altérité radicale, celle qui est en chacun de nous.

 Cette pièce au charme obscure et lumineusement poétique nourrit par l’univers Beckettien est une exploration par le corps et l’image des vertiges de la folie, à la fois néant, vide et source incommensurable de création exerçant une étrange fascination.

Paradoxe inscrit dans un corps qui s'extirpe du néant avant d'être rattrapé par lui. Dans l'épaisseur de l'obscurité, à la frontière entre raison et déraison, alors que le corps lutte, la création naît.

C’est un poème sans mot. Un témoignage étrange qui se présente comme un autoportrait, à travers un langage scénique et chorégraphique radical et fantasque dans un espace où le corps se dévoile dans une picturalité aux formes hallucinées et où se dépeint d’une façon intime et organique le processus de création.

Au croisement de la danse, du théâtre et de la performance, cette création s’est appuyée au départ sur plusieurs sources, qui se sont imposées comme une évidence et ont nourri la création. 

Michel Foucault qui questionne l’isolement, l’enfermement mais aussi la fascination exercée par la folie dans ce qu’elle a de force créatrice révélant un paradoxe riche et mystique.

Plus particulièrement sur l’aspect esthétique de la création, divers influences ont également affecté l’écriture dramaturgique de la création : le reportage de Mario Ruspoli « Regards sur la folie » mais également la force picturale et symbolique du mouvement clair-obscur et plus particulièrement des œuvres du Caravage, mais également à travers une écriture chorégraphique frappée d’une physicalité du corps extrême et signifiante : les portraits déformés de Francis Bacon ou encore de l’univers cinématographique surréaliste et inquiétant du réalisateur David Lynch ont à leurs tour nourri l’écriture de la création.

C’est un corps entravé et chargé par le poids d’un secret qu’il ne peut nommer. 

Dans ce non-lieu où le temps s’est arrêté, se dévoile un corps au visage écoulé à la lisière de la lumière.

Le théâtre se retrouve comme plongé dans l’espace mental fragmenté du personnage. Un enfermement transcendé au profit de la création qui naît.